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Cinq fonds d’archives sont actuellement déposés à l’Institut Histoire et Lumières de la pensée. On trouvera, en fin de présentation, les indications pratiques d’accès aux documents.

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(1903-1987),

neurologue, pédiatre et psychanalyste

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(1920-2014),

écrivain et biographe

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éditeur et historien

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historienne et psychanalyste

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(1868-1944),

journaliste et dramaturge

Jenny Aubry (1903-1987), neurologue, pédiatre et psychanalyste 

 

Deuxième femme française à être nommée médecin des hôpitaux, résistante au régime de Vichy et à l’occupation nazie, Jenny Aubry, née Weiss,  s’intéresse après la guerre  à la prévention des psychoses infantiles et aux expériences de René Spitz et de l’école anglaise de John Bowlby. Elle s’oriente très vite vers la psychanalyse après une rencontre décisive avec Anna Freud et un voyage aux Etats-Unis. Elle reçoit alors sa formation sur le divan de Sacha Nacht et poursuit une supervision avec Jacques Lacan dont elle suit l’enseignement à la Société française de psychanalyse (SFP, 1953-1963). En 1964, elle fonde avec lui et de nombreux autres membres de la SFP l’Ecole freudienne de Paris (EFP, 1964-1981). 

 

Dès 1946, elle prend la mesure des effets désastreux de la carence de soins maternels en prenant la direction d’un dépôt de l’assistance publique – la Fondation Parent de Rosan. Les enfants y sont bien traités, mais, privés de parole, ils passent des heures à se balancer d’avant en arrière. Jenny Aubry convainc alors l’administration  qu’il est indispensable de les prendre  également en charge du point de vue psychique en mobilisant les moyens de la psychothérapie et la psychanalyse. Etendant ensuite son activité de prévention au domaine des handicaps scolaires, elle développe une thérapeutique de masse dans les écoles maternelles du XVIIIème arrondissement de Paris au sein d’ une équipe travaillant à la Polyclinique du Boulevard Ney. En 1963, nommée médecin-chef du service de pédiatrie des Enfants-Malades, elle ouvre la première consultation de psychanalyse dans le cadre hospitalier. Elle fondera ensuite plusieurs lieux de placement familial. Le plus important d’entre eux, situé à Paris, porte aujourd’hui le nom d’Association Jenny Aubry (AJA). Il est dirigé par Fethi Benslama. 

 

Convaincue que les troubles infantiles sont le plus souvent provoqués par des carences affectives chez les enfants abandonnés ou perturbés par des placements en institution, Jenny Aubry aura consacré sa vie à  les soigner par un traitement psychanalytique adapté. Parallèlement à Françoise Dolto, mais différemment d’elle, elle aura ainsi contribué à former une génération de pédopsychiatres hospitaliers.

 

Jenny Aubry est la  sœur de Louise Weiss et la mère d’Elisabeth Roudinesco.

 

Parmi ses publications : Psychanalyse des enfants séparés. Etudes cliniques 1952-1986, Paris, Denoël, 2003.

 

Information pratique : Pour toute consultation du fonds, merci d’adresser à elisabeth.roudinesco@gmail.com  une demande motivée, précisant notamment l’objet de la démarche,  le sujet de la recherche, le cadre dans lequel elle est entreprise, le (ou la) responsable de la direction de recherche. 

 

La consultation des documents n’est accordée que dans le respect du droit moral des auteurs, en conformité avec les lois protégeant la personnalité et la propriété littéraire,  et moyennant l’accord des tiers concernés.

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Célia Bertin (1920-2014), écrivain et biographe

Romancière, journaliste et biographe, amie intime du photographe Henri Cartier-Bresson, Célia Bertin était issue de la meilleure bourgeoisie française. Elle tenait de son grand-père paternel, communard et ami d’un fils de Victor Hugo, un solide esprit de rébellion qu’elle tempérait d’une élégance toute victorienne, un style qui n’appartenait qu’à elle. C’est que pour cette jeune fille rangée  habitée par la mélancolie, le style comptait autant que l’élan de la révolte et l’esthétique de l’existence autant que la passion de la liberté.

 

C’est au nom de cet idéal qu’elle décida, à l’âge de vingt ans,  d’interrompre ses études de lettres pour  s’engager dans la lutte antinazie. En 1940, à la demande de Pierre de Lescure, compagnon de route du Parti communiste français, elle reçoit pour principale mission d’accompagner dans la région parisienne les agents de l’Intelligence Service qui ne parlent que la langue anglaise et auxquels elle sert à la fois de guide, de protecteur et d’interprète. En 1943 elle doit fuir Paris,  et en octobre 1944, au lendemain de la Libération, elle est envoyée en Suisse par Pierre-Henri Teitgen, résistant lui-même, pour  effectuer une tournée de conférences sur la Résistance. Elle a évoqué ses souvenirs dans un livre  consacré à cette période : Femmes sous l’occupation.

 

En 1946, elle publie son premier roman, La Parade des impies, où sont  dépeints des amours lesbiens entre comédiennes. Célia Bertin poursuit ensuite une brillante carrière d’écrivain qui la conduit, après plusieurs romans, à recevoir le prix Renaudot pour un livre dont le titre -La dernière innocence - témoigne une fois encore de sa fidélité à l’œuvre d’Arthur Rimbaud. 

 

Parallèlement, en 1951, Célia Bertin fonde et dirige avec Lescure une revue littéraire consacrée au roman. C’est à la même époque que, chroniqueuse au Figaro, elle s’intéresse à la condition féminine et à la haute couture. Elle collabore à la revue Arts et sera souvent sollicitée par les universités américaines en tant qu’ «écrivain en résidence». 

 

Désireuse d’explorer les multiples facettes de l’âme humaine, elle décide  alors d’entreprendre des travaux historiques. Et si le personnage de Germaine de Staël l’attire au plus haut point, c’est finalement la destinée de Rodolphe de Habsbourg qui fixe son attention. En retraçant l’itinéraire de ce prince suicidaire, fils de l’impératrice Elisabeth d’Autriche et descendant de la dynastie maudite des Wittelsbach (Mayerling ou le destin fatal des Wittelsbach), Célia Bertin aborde le thème de la dernière filiation. 

 

Elle  y reviendra  avec La Dernière Bonaparte, ouvrage publié en 1982, trois fois réédité avec un changement de titre et traduit en de nombreuses langues.  En 2004 Benoît Jacquot s’inspire  de cette biographie pour réaliser un film, Princesse Marie,  avec  Catherine Deneuve dans le rôle-titre. 

 

Grâce au  minutieux travail  que Célia Bertin a pu réaliser en accédant, par exception,  aux archives de la famille Bonaparte, on connaît avec précision la vie de Marie Bonaparte (1882-1962), patiente et disciple de Sigmund Freud qui domina la Société psychanalytique de Paris (SPP) dont elle fut  (en 1926) l’un des onze fondateurs aux côté notamment de René Laforgue, Adrien Borel, Rudolf Loewenstein, Edouard Pichon, Raymond de Saussure et René Allendy.  

 

Avant même de se pencher sur le drame de Mayerling, en abordant l’histoire de la Vienne impériale à l’agonie, Célia Bertin avait éprouvé le besoin de faire une analyse. En poursuivant sa cure sur le divan de René Laforgue (1894-1962), entre 1957 et 1960, elle ne savait pas encore le rôle  que celui-ci avait joué dans la rencontre entre Freud et sa « chère princesse ». 

 

Parmi ses grandes réussites biographiques, on compte son Jean Renoir et sa  Louise Weiss. Dans son dernier livre , Portrait d’une femme romanesque,  Célia Bertin raconte la vie d’un personnage féminin comme elle les aimait : Jeanne Loviton dite Jean Voilié. 

 

Parmi ses publications : La Parade des impies, Paris, Grasset, 1946 ; La Dernière innocence, Paris, Corrêa, 1953, prix Renaudot ; Marie Bonaparte (1982, sous le titre : La Dernière Bonaparte), Paris, Perrin, 1999, préface d’Elisabeth Roudinesco ; La Femme à Vienne au temps de Freud (1989), Paris, Tallandier, 2009 ; Femmes sous l’Occupation (1993), Paris, Editions de la Seine, 2005 ; Jean Renoir, cinéaste, Paris, Gallimard, 1994 ; Louise Weiss, Paris, Albin Michel, 1999 ; Jean Voilier. Portrait d’une femme romanesque, Paris, Editions de Fallois, 2008.

 

Information pratique : Pour toute consultation du fonds, merci d’adresser à elisabeth.roudinesco@gmail.com   une demande motivée, précisant notamment l’objet de la démarche,  le sujet de la recherche, le cadre dans lequel elle est entreprise, le (ou la) responsable de la direction d’études. 

 

La consultation des documents n’est accordée que dans le respect du droit moral des auteurs, en conformité avec les lois protégeant la personnalité et la propriété littéraire,  et moyennant l’accord des tiers concernés.

 

Olivier Bétourné, éditeur et historien

Né le 24 avril 1951, Olivier Bétourné  a fait toute sa carrière dans l’édition.  Il a notamment été président-directeur général des éditions du Seuil et président de Points  de 2009  à 2018. Il est aujourd'hui membre du Comité stratégique de cette maison et président de l'Institut Histoire et Lumières de la pensée qu’il a fondé avec Elisabeth Roudinesco. 

 

Entré aux Éditions du Seuil en 1977 comme lecteur, il y devient directeur de collection (1978-84), secrétaire général (1984-1989), puis conseiller éditorial du président-directeur général (1989-1993). Il rejoint ensuite la Librairie Arthème Fayard comme directeur général (1993-1999), puis vice-président directeur général (1999-2006). Membre du directoire d'Albin Michel à partir de 2006, il y exerce les fonctions de directeur général (2006-2009). Le 8 décembre 2009, il est nommé à la direction des Éditions du Seuil et de Points. 

 

Directeur de la collection « Points-Politique » (Seuil, 1979-1984), de « Points-essais » (Seuil, 1984-1992), codirecteur (avec Pierre Nora  et Jacques Revel ) de la collection « Hautes études » (Seuil/Gallimard, 1984-1992), il a créé deux collections : « Libre Examen » (Seuil, 1991) et « Histoire de la pensée » (Fayard, 1993).

 

En 2020-21, il  a assuré la direction du programme de l'Université populaire du Musée Branly-Jacques Chirac.

 

Président (de 2013 à 2017) de la Société civile des éditeurs de langue française  (SCELF), administrateur (de 2003 à 2018) du Bureau international de l'édition française (BIEF), administrateur (de 2010 à 2018) de l'Association pour le développement de la librairie de création (ADELC), administrateur (depuis 2010) de l'Institut Mémoires de l'édition contemporaine  (IMEC), membre (de 2006 à 2010) du Comité exécutif de l'Union internationale de l'édition (UIE), membre permanent (de 2017 à 2018) du Comité pour la liberté de publier de l'Union internationale de l'édition (UIE), administrateur (de 2008 à 2018) de la SOFIA, Olivier Bétourné aura activement participé aux instances professionnelles et interprofessionnelles de l'édition au nom d'une certaine idée de la diversité culturelle dans le contexte de l'intégration économique mondiale.

 

Olivier Bétourné est également historien, élève du professeur Albert Soboul (1914-1982),  spécialisé en histoire de la Révolution française, domaine  auquel il a consacré deux livres.  

 

Olivier Bétourné a une fille, Hélène Debrix, directrice administrative de l’Académie Bach. Il est l'époux d'Élisabeth Roudinesco, historienne et psychanalyste.

 

Publications :  Penser l'histoire de la Révolution . Deux siècles de passion française (avec Aglaia I. Hartig), Paris, La Découverte, 1989 ; La Vie comme un livre. Mémoires d'un éditeur engagé, Paris, Philippe Rey, 2020 ; L’Esprit de la Révolution française (à paraître aux Editions du Seuil en 2022).

 

Information pratique : Pour toute consultation du fonds, merci d’adresser à olivierbetourne@aol.com  une demande motivée, précisant notamment l’objet de la démarche,  le sujet de la recherche, le cadre dans lequel elle est entreprise, le (ou la) responsable de la direction d’études. 

 

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Elisabeth Roudinesco, historienne et psychanalyste

Née le 10 septembre 1944, Elisabeth Roudinesco a poursuivi ses études au collège Sévigné. Elle a soutenu une maîtrise de lettres à l’Université de Paris-VIII (Vincennes) sous la direction de Tzvetan Todorov avant d’être l’élève de Gilles Deleuze et de Michel de Certeau dans la même université. Elle soutient sa thèse de Lettres en 1975 sous la direction de Jean Levaillant puis, en 1991, à Paris-VII, sa thèse d’habilitation à diriger des recherches (HDR) en histoire sous la direction de Michelle Perrot avec, au jury, Alain Corbin, Robert Castel, Dominique Lecourt, Jean Claude Passeron et Serge Leclaire. 

 

Elle a été membre de la revue Action poétique au côté d’Henri Deluy et a créé en 1974 une librairie, « La Répétition », qui sera  reprise par François Maspero en 1981. Cette librairie accueillait écrivains, poètes,  historiens, psychanalystes et  philosophes. 

 

 Elisabeth Roudinesco a été membre de l’Ecole freudienne de Paris (entre 1969-1981)  où elle a reçu sa formation psychanalytique avec Octave Mannoni et Jean Clavreul. Elle a commencé à écrire pour la presse dans Les lettres françaises et La nouvelle Critique. Elle a ensuite collaboré au journal Libération, de 1986 à 1996. Depuis cette date, elle est chroniqueuse au Monde des livres. Elle est par ailleurs membre du comité scientifique de la revue History of Psychiatry et de la revue Cliniques méditerranéennes depuis 2003, et 

présidente de la Société internationale d’histoire de la psychiatrie et de la psychanalyse (SIHPP) depuis 2007. 

     

 Elisabeth Roudinesco a publié des dizaines d’articles, textes de conférences (délivrées en France et à l’étranger) et préfaces, ainsi qu’une vingtaine d’ouvrages traduits dans le monde entier. 

 

Parmi ses publications : Histoire de la psychanalyse en France, 2 vol., t. 1 (1982, 1986), Paris, Fayard, 1994, t. 2 (1986), Paris, Fayard, 1994, rééd. revue et corrigée, Hachette, « La Pochothèque », 2009 ;  Jacques Lacan. Esquisse d’une vie, histoire d’un système de pensée, Paris, Fayard, 1993, rééd. revue et corrigée, Hachette, « La Pochothèque », 2009 ; Dictionnaire de la psychanalyse, en coll. avec Michel Plon (1997, 2000, 2006),  rééd. revue et corrigée, Hachette, « La Pochothèque », 2011 ; un dialogue avec Jacques Derrida, De quoi demain..., Paris, Fayard, 2001 ; La Famille en désordre, Paris, Fayard, 2002 ;  Philosophes dans la tourmente, Paris, Fayard, 2005 ;  La Part obscure de nous-mêmes. Une histoire des pervers, Paris, Albin Michel, 2007 ; Retour sur la question juive, Paris, Albin Michel, 2009 ; Sigmund Freud en son temps et dans le nôtre, Paris, Seuil, 2015,  prix Décembre ; Soi-même comme un roi. Essai sur les dérives identitaires, Paris, Seuil, 2021. 

 

Fonds en cours d’archivage.

 

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Henri de Weindel, (1868-1944),  journaliste et dramaturge

Fils d’un obscur agent d’assurances de Nanterre sans autre distinction connue que celle que suggérait son patronyme, Henri de Weindel devint, dans les années 1920 du siècle dernier, l’une des autorités  incontestées du tout-Paris journalistique et littéraire. 

 

 Il débute à 18 ans en qualité de chroniqueur au National, sans aucun bagage universitaire. Deux ans plus tard, on le retrouve secrétaire de rédaction de la Vie populaire, l’hebdomadaire illustré du Petit Parisien. A 22 ans, en 1890, le voici chef des Informations du Paris. Mais c’est au théâtre  qu’il entend s’imposer. Comme critique d’abord, comme  dramaturge ensuite. 

 

Débuts à l’Evénement en 1891, où il ne tarde pas à remplacer son maître, et bientôt ami, Henri Céard, comme critique de théâtre : à 25 ans, il est le benjamin de la critique parisienne. Simultanément, il multiplie les papiers dans divers quotidiens : enquêtes, échos, comptes rendus de voyages, de procès notoires,  grands reportages ;  il publie aussi des contes et des nouvelles dans le Gaulois et  la Vie populaire. On lui confie bientôt la  direction en chef de la Vie illustrée

 

Il s’engage fermement en faveur du capitaine Dreyfus, combat le boulangisme et l’antisémitisme au nom des Lumières et de l’Etat de droit.

 

Henri de Weindel  multiplie  alors les contacts, écrit une bonne douzaine de pièces de théâtre et quelques livres. Mais la grande affaire de sa vie, c’est L’Excelsior, un quotidien à la préparation duquel il est  associé par son propriétaire, Pierre Lafitte, de mars à novembre 1910. Il devient ensuite  son premier directeur artistique, et,  à ce titre, responsable de la maquette et du traitement de  l’image du « premier illustré quotidien français ». En janvier 1913, il quitte le journal et  s’en va diriger la Comédie des Champs-Elysées. 

 

Vient la guerre. A 46 ans,  de Weindel  est mobilisé  en août 1914 dans la Réserve territoriale. Reportages sur les opérations militaires au Miroir (qu’il transforme bientôt en Miroir des sports), puis au Petit parisien, le journal de ses 20 ans où Paul Dupuy, son propriétaire, l’a fait revenir. 

 

En 1917, sa vie bascule quand Paul Dupuy rachète l’Excelsior :  il propose aussitôt  à son ancien collaborateur de prendre le poste de rédacteur en chef du quotidien.  A la mort de Dupuy en 1927, Henri devient directeur-rédacteur en chef du journal. Dès 1920, il a imposé une nouvelle formule qui remporte un grand succès auprès des lecteurs du quotidien : qualité et rigueur dans le traitement de l’information, accroche populaire par l’image, les conseils pratiques, l’introduction des Mots croisés, création de  suppléments illustrés (Dimanche Illustré, Excelsior Mode), et de la bande dessinée (Zig et Puce, dès 1925). C’est neuf, inspiré des pratiques américaines, mais toujours adapté au goût français. 

 

Le succès n’est pas seulement professionnel, il induit un complet changement de vie pour cet homme ouvert et accueillant aux idées nouvelles. C’est que  le journal voit graviter autour de lui les plus grands esprits de l’époque, des personnages un peu troubles aussi attirés par le succès mondain, de fort belles actrices, et le patron de l’Excelsior y trouve manifestement son compte. Au rang de ses collaborateurs réguliers, on croise  les noms de Philippe Soupault (chef de l’information), Albert Londres, Robert Doisneau, Georges Simenon. (On dit aussi qu’Ho Chi Minh fit, à l’Excelsior, dans les années 1930, un stage au service Photos…)  Correspondances avec Cécile Sorel,  Louise Hervieux,  Mary Marquet.  Marlene Dietrich, elle aussi, traverse  sa vie. 

 

A l’heure des honneurs et des reconnaissances mondaines, le réseau du directeur de l’Excelsior est impressionnant. Parmi ses correspondants,  on relève les signatures  d’Emile Zola (qui lui offre les trois premières pages manuscrites de la Débâcle), Anatole France, Georges Clemenceau, Léon Blum, Victorien Sardou, Colette (11 pages manuscrites corrigées de sa main), Raymond Poincaré, Paul Valéry, Marie Curie, Erik Satie, Camille Saint-Saëns, Gabriel Fauré, Serge Lifar, Van Dongen, Auguste Rodin, Maurice Barrès, Tristan Bernard, Alphonse Allais, Pierre Louÿs, Louis Barthou, Paul Bourget, mais aussi celles de Georges Mandel, Frédérique Mistral, Ernest Lavisse, Lucien Descaves, Edmond Rostand, Paul Hervieu, Sully Prudhomme, Jules Verne, Carmen Sylva (Elisabeth de Roumanie, l’épouse du roi Carol), Pierre Loti, Alphonse Daudet,  Maurice Maeterlinck, Jules Guesde, Alexandre Millerand, Jules Claretie, Reynaldo Hahn, Catulle Mendès, Léon Bourgeois, Tristan Bernard, Yvonne Printemps, Eve Lavallière, Sarah Bernardt, André Antoine, Anna de Noailles, Roland Dorgelès, Jules Renard, Conan Doyle, Rudyard Kipling, Ferdinand de Lesseps, Charlie Chaplin.

 

Henri de Weindel est l’arrière grand-père d’Olivier Bétourné.

 

Publications  sélectives:  François-Joseph intime, 1905 ; L’homosexualité en Allemagne. Etude documentaire et anecdotique, 1908 ; (dir.), Histoire des Soviets, 1922.  

 

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La consultation des documents n’est accordée que dans le respect du droit moral des auteurs, en conformité avec les lois protégeant la personnalité et la propriété littéraire, et moyennant l’accord des tiers concernés.

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